Sens Boissec 1970

CYCLISME ffc

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Ce site est dédié aux coureurs cyclistes

au cyclisme FFC BOISSEC SENS

et à tous ces coureurs icaunais de cette époque exceptionnelle



articles de presse et PHOTOS

dans un MÊME site web DÉDIE

aux coureurs icaunais FFC des annees 1970



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Photos et articles : journal Yonne Républicaine

Archives départementales ou bibliothèque municipale d'Auxerre


Création du site 2013-2019 : Gilbert LAYER

1964 L'équipe ACS BOISSEC

Michel Soret, le dossard 75 ?, Serge Guillaume 18 ans le futur pro et première catégorie, Jean-Claude Joubert première catégorie, Ferrasse

1964 et 1965 Equipe ACS Boissec

Jean-Noél Chicouard le premier en partant de la gauche

1966 SENS

PRIX Saint-Alary

CLM 52 km

Raymond Riotte était au CC Varenne-Vauzelles en 1966

1967 TONNERRE

Rémy Jambou vainqueur du prix du muguet cadet

il a 15 ans

1968 Championnat de France cadet

TOP 10

1 er Hubert Linard (Aube) 4 Pescheux (Loiret) 8 Jarrot (Dijon) 9 Rémy Jambou (VCA)

1968 Seignelay

Avec les cadets Deschamps du Stade Auxerrois et Ninino de l'UV Aube

1968 HERY

LOURY-TISSIER-LABROSSE

Claude Loury en très beau vainqueur

90 km en 2h22

Le stade Auxerrois gagne la coupe par équipe

Avec Claude Tissier-Daniel Labrosse-Michel Tissier



1968 GENTLEMEN D'ARMEAU

equipe BOISSEC

Julien Léthumier, ancien première catégorie

Vainqueur au scratch (temps réel) avec son très jeune cadet de chez Boissec


1969 MONTACHER

Blanches - Gimeno - Quinault - Garrigues

( détail course page JC Quinault)




1969 Etigny-Marsangis

Alain Boyer

royal sur le prix Lassaunière

Le Boissec était capable des plus grands exploits quand la route s'élevait. Il passe de 3 ème catégorie en 1 ère catégorie en 1970 où il gagne 5 courses de juillet à septembre.

( détail course page Alain Boyer)

1969 Vénizy

Alain Guettard

L'homme fort du VCA

Plus de 4 victoires en 1969


1969 Chantal de Faria

UV Yonne Visor Pen

1969 villeneuve/yonne

Gilbert Layer, junior 1 devant Jean-Claude Quinault-Begouin-Jean-Noël Chicouard

( détail course page layer)

1969 Jean-Claude Alary

l'enfant de Migennes, réalise une année 1969 exceptionnelle

au niveau national et international

voir page Alary

1969 Villeneuve/Yonne

CHEETHAM - ALARY - DUTERNE

Le samedi : course des toutes catégories

Le dimanche : course des 3 et 4

1969 Pont/Yonne toutes categories

"Course de montagne"

Jean-Claude Alary (130 victoires)

est beaucoup trop fort

La veille il était sur le très difficile circuit de Villeneuve/Yonne

L'icaunais classé hors catégorie du CSM Puteaux, contrat pro, courait très souvent en toutes catégories dans l'Yonne.

Il est né à Migennes

1969 qarre-les-tombes

Toutes categories 1-2-3-4

Jacque CORSET(vca)

premier bouquet 1969

Devant Puccianti et Brenon le champion de bourgogne sénior, Spada et Labrosse

1969 vermenton

toutes catégories

CHEETHAM-BISLAND-CORSET

5-Brenon 6-JP Gendé 7 Hézard

1969 Joigny Prix roger-Lata

Gimbarde et côte Saint-Jacques

Rémy Jambou encore ...

le junior 1 du VCA

C'est déjà sa 16 ième victoire depuis qu'il court

1969 VINNEUF

les très jeunes sont a l'honneur avec les organisateurs

Madame Guénard au fond à côté de monsieur Chéreau

1969 SENS

le VCA fait la loi par équipe

Et en individuel à SENS chez les BOISSEC

Avec Clouseau, Hann et Guettard sur le tourniquet très rapide de la ville de Sens

1969 BUSSY-EN-OTHE

41 partants

14 ou 15 à l'arrivée ...

Michel Capelle impérial

en futur premiere catégorie

devant Clouseau-Cabot-Branches-Jambou-Vergne-Layer


1969 Dixmont

LEGOIX-QUINAULT-BOURCEY

28 km 4 fois

pierre Legoix

le sprinter aubois

devant JC Quinault - Bourcey-Chicouard-Robert


1969 Bleneau

Pierre Legoix

le sprinter devient rouleur

1969 L'équipe du Stade Auxerrois

Avec ces dirigeants CLERC-BOURIQUET-REY

Mais sans GARRIGUES, le vainqueur solitaire

1969 Arcy sur Cure

Hubert Linard

champion de france 1967 et 1968

déjà 9 bouquets en cadet

1969 Sepfonds

21 cadets

Quillin - GRIGIS - GALLAND


1970 PARIS-SENS

140 km en 3h10 ....

avec Labrosse-Gouvine-Mayda.

Le vainqueur JC Blocher passera professionnel en 1973 Wikipédia

1970 SEIGNELAY en 3-4

RAT luc - MARQUET - BONNIN


AUGY en cadet

COUSIN - DEVOVE - Mico

1970 villeneuve/Yonne le 5 avril

Hubert Linard .... tout seul pendant 90 km !

Les 91 km en 2h31 seul. En 1971, en 2-3-4, le temps sera de 2h27 mais avec un peleton.

l'aubois icaunais arrive tout seul à Villeneuve/Yonne sur ce très beau tourniquet en ville de 2.6 km à parcourir 35 fois soit 91 km...... avec un tour d'avance!

1970 Denis Cousin

Commence sa carrière en 3-4

Denis gagnera 56 courses FFC

Peu de coureurs icaunais ont gagné plus de 15 courses FFC dans leur carrière dans les années 70 et plus.

Voir la suite de la carrière de Denis Cousin sur sa page

1970 GUERCHY

Elsy Jacobs (1933-1998)

la championne du monde 1958

15 fois championne du Luxembourg

devant la future championne du monde 1977 : Josianne Bost


1970 saint-martin-du-tertre

38 partants

De Faria - CHICOUARD-CHOUTKOFF


1970 FONTAINES

100 partants les 106 km en 2h29

Michel - Bourcey-Varenne-MOLINA-Gallant

1970 Courgenay en cadet

LELARGE-Garnier-COUSIN

1970 Le tour de l'Yonne

épreuve internationale amateur

1970 LA ROCHE-AU-DIABLE

Alain Boyer facile ....

Voir page Boyer

1970 MONTACHER

LAYER-ELION-BOURAND

Voir page layer

1970 Jacques CORSET

Tour de l'Yonne




1970 Paris-Auxerre

Daniel Labrosse

Le meilleur icaunais

et Yves Hézard, vainqueur de l'épreuve et second meilleur coureur francais 1 ère catégorie de l'année 1970 (classement FFC)


1970 Avallon

MAYDA - BALLANDRAS - CHABANEL

1970 VINCELLES

Jean-Pierre PUCCIANTI 1942-1986 ( VCA)

devant Boulard-Cornette-Tissier-Alary-Mayda-Viard

1970 VAL DE MERCY

Christiane Rousseau DIJON

et non Gisèle rousseau

vice-championne de France en 1967

Très nombreuses victoires

Chantal de faria fait 3





1970 OUANNE

Josianne BOST à 14 ans

championne du monde en 1977 au Vénézuella wikipédia

1970 Joigny le samedi 27 juin

sous une pluie battante, les 92 km en 2h25

Nain (VCA)-Cabot-Jambou


le premier classement FFC France date de 1970


1967-1980 Podiums du Championnat de Bourgogne amateur sénior

1967 : Lucien DURAND – Denis FINOT – Jacky SPADA

1968 : André BIARD – Mariano MARTINEZ – Martin MARTINEZ

1969 : Gérard BRENON – Mariano MARTINEZ – Daniel LABROSSE (1er junior)

1970 : Robert JANKOWSKI - Gérard BRENON - Denis FINOT

1971 : Robert JANKOWSKI - Gérard COMBY - Martin MARTINEZ

1972 : Gérard COMBY - Jean-Jacques MOIRIER - Patrick CLUZAUD

1973 : Christian TOULOUSE - Gérard DESSERTENNE - Roger PELLETIER

1974 : Daniel COQUET - Roger PELLETIER - Jean-Jacques MOIRIER

1975 : Gérard DESSERTENNE - Robert JANKOWSKI - Ismaël BERNAT

1976 : Gilbert FAVRE - Jean-Jacques MOIRIER - Patrick JANIN

1977 : Jean-François SIMONIN - Vincent BRUCCI - Roger PELLETIER

1978 : Jean-Claude DIRX - Gérard DESSERTENNE - Robert JANKOWSKI

1979 : Jean-Pierre MAYDA - Gilbert FAVRE - Jean-Jacques MOIRIER

1980 : Jean-Luc VERNISSE - Dominique LEBRUN - Gilbert FAVRE


On relève 3 icaunais : Gérard BRENON-Daniel LABROSSE (1er junior)-Jean-Pierre MAYDA


1971 Villeneuve/Yonne

Denis Cousin devant Luc Rat et une foule en délire ....

Ville où les coureurs lèvent facilement les bras.

Denis a quiité les BOISSEC en 1971



1971 PARIS-AUXERRE

Patrick GOUVINE 9 ème

meilleur icaunais. un costaud !

En 1970 c'était Daniel Labrosse

Très peu d'icaunais ont gagné Paris-Auxerre, à part Marcel Galois 2 fois dans les années 1950 et Jérémy Maison, le coureur professionnel en 2014 lors de la dernière édition. André Corbeau est passé pro après Paris-Auxerre


1971 Cheetham - Mayda - Labrosse - Gouvine ( de gauche à droite)


1971 LUCY-le-BOIS en 2-3-4

Joël Garrigues

détail page Garrigues








Ce site est dédié aux coureurs cyclistes FFC de la ville de Sens des années 1967 à 1971 et à tous ces coureurs icaunais de cette époque exceptionnelle



Vous pouvez également consulter la page de Denis Cousin qui prolonge cette période de près de 15 ans, celle de Daniel Labrosse du stade auxerrois, coureur première catégorie de 1969 à 1977 et celle de Joël Garrigues du Stade Auxerrois (cadet à première catégorie).

La liste des coureurs ACS BOISSEC n'est pas exhaustive sur cette période. Dans les années 1952, le club s'appelait "Stade Sénonais ou Stade Sens". Dans les articles de presse de cette époque, figuraient les noms de Michel David, Julien Lethumier, Cartereau, Sarrazin, Sajot... Avant de passer vétéran, Julien Léthumier était en première catégorie avant la guerre 1939-1945.

Les deux grandes vedettes en 1952 étaient Jean Tissier, qui courait au Stade Sénonais avant la guerre 1939-1945, et Marcel Galois du VCA, vainqueur en 1953 et 1955 de Paris-Auxerre, et de Paris-Migennes en 1955......

En 1970, à Sens, le club s'appelait : A.C.Sens BOISSEC (Association Cycliste Sénonaise BOISSEC). En 1971, le nom commercial se transforma en A.C.S Meubles GUIRAUD, avec une seule publicité sur le maillot. Le nom BOISSEC était le nom commercial du sponsor bien connu, monsieur Guiraud, vendeur de meubles à Sens, puis responsable de l'enseigne CONFORAMA.

La publicité BOISSEC n'était pas excellente dans les années 1960. Quand il pleuvait, les supporters sénonais prononçaient "bois mouillé" à la place de boissec....

Mais c'était avant cette exceptionnelle année 1970 avec 37 victoires individuelles.


37 victoires en 1970 !

Un cru exceptionnel avec des coureurs exceptionnels .....

Premier club de l'Yonne et de Bourgogne.

dont 11 courses gagnées, soit 30 % du total club, pour le seul cadet COUSIN denis !


Le matériel :

C'était l'époque des vélos en acier de 13 kg, des pieds bien calés avec des sangles en cuir. Nous avions des petites chaussures noires en cuir et des cales fixes. Il ne fallait pas se tromper en les fixant avec les pointes, sinon c'était des problèmes de genou assurés. L'hiver, c'était horrible, on avait les pieds presque gelés. Il fallait être très motivé pour rouler avec 5 degrés ou moins, habillé comme en été ou presque.

Pas de chaussures d'hiver, pas de veste thermique, pas de gant d'hiver, pas de pédales automatiques, pas de casque de protection sauf pour les cadets et les minimes.

Les manivelles Stronglight étaient maintenues par des clavettes. L'outillage était simple : une clé et un bon marteau. On avait souvent un peu de jeu au niveau du pédalier... En 1968, en escaladant une côte à Paron de 10 %, debout sur les pédales, la manivelle gauche s'est cassée en deux, subitement. Vous voyez la suite... c'est assez douloureux.

Le passage des vitesses se trouvait sur le cadre ou sur le guidon, assez pratique pour les sprints, mais l'indexation manuelle ou électrique des vitesses, genre Di2, n'existait pas.

Quand il pleuvait, le cuissard flottait un peu, le cuissard était en laine avec une très fine peau de chamois, ce n'était pas très "sexy demain". Le maillot était en laine également. Un peu chaud l'été. Les manches longues n'existaient pas, même en hiver.

La publicité : c'était nettement mieux pensé qu'aujourd'hui.


Pas de casque sauf pour les minimes et cadets (casque en cuir)

Pas de compteur de vitesse

Pas de cardiofréquencemètre

Pas de capteur de puissance

Pas de roues en carbone

Pas de passage de vitesse électrique Shimano Di2

Pas de vélo de contre la montre aéro Cervélo P5

Pas de GPS Garmin

Pas d'application sportive STRAVA sur smartphone ou Garmin connect

Pas de coach sportif ou de médecins du sport

Pas de pneu avec chambre à air mais des boyaux plus confortables sur la route


On pratiquait le vélo avec rien ou presque, comme en 1900, la roue libre en plus et les 10 ou 12 vitesses (52-42 et 13 à 18). Nous étions bien loin des beaux vélos aéro 2016, en carbone de 6 kg et de la préparation très scientifique d'aujourd'hui avec coach sportif en direct ou en ligne.

VO2max et PMA :

Ce terme n'existait pas pour nous à cette époque. On parlait de spirométrie, mais cela n'a rien à voir avec la VO2max.

On mesurait la capacité pulmonaire maximum avec un spiromètre à cloche. Je me souviens d'avoir fait exploser la cloche, histoire d'amuser le médecin militaire...

Je dépassais largement les 8 litres d'air dans les poumons, comme certainement un bon nombre de coureurs cyclistes. Idem pour la PMA

Fréquence cardiaque :

La fréquence cardiaque moyenne, maxi, ou au repos étaient des notions inconnues pour les coureurs du club. Ce n'était pas trop notre préoccupation en plus. On connaissait notre fréquence au repos, moins de 50 pulsations en générale. Pour le reste, nous étions jeunes et peu essoufflés dans les côtes. Le cœur devait battre à 200 mais on ne le savait pas! Les tests d'effort et la ceinture cardio n'existaient pas pour nous. C'était difficile de s'arrêter au bord de la route et de compter les pulsations cardiaques avec la montre. En 2016, c'est instantané, lecture directe sur l'écran du gps.

La vitesse, la fréquence de pédalage, la longueur des courses sur le département de l'Yonne et les développements :

A 14 ans, j'avais installé un gros compteur de vitesse pour mesurer la vitesse de pointe. J'avais beaucoup de mal à atteindre les 50 km/h sur le plat. J'avais presque réussi un défi personnel des 80 km/heure dans une descente de Paron. J'avais fait 78 km/heure!

Je n'avais pas de casque, des freins très moyens, et des voitures partout en bas de la descente ! C'était comme cela à cette époque. La sécurité, les limitations de vitesse n’existaient pas et nous étions en France, à 15 000 morts par an sur les routes, plus les cyclistes et les piétons....

Vitesse en cadet : 35 km/heure à 40 km/heure de moyenne en course, avec un temps de 1h20 pour une course de 50 km. Par contre, à l'entrainement, ce n'était pas la bagarre, on roulait souvent seul, très rarement en groupe, sauf en janvier pour la reprise. Les courses ne dépassaient pas 50 km. Vitesse en 3-4 : Cela roulait assez vite, voire vite :

Les 100 km, allure course, en 2h30 si le circuit était plat, soit 40 km/heure de moyenne et 2h50 le plus souvent sur un terrain vallonné, soit 35 km/heure. Nous avions souvent des circuits très courts de 2 km, les tourniquets, et des circuits longs de 10 km ou plus. Une course en 3-4 ne dépassait pas 100 km. La distance moyenne était de 90 km.

Vitesse en 2-3-4, sur 120 km, c'était 3 heures comme sur le prix Saint Alary à Sens, voire plus de 40 km/heure comme à Migennes en 1969, sur un tourniquet plat de 1.15 km à parcourir 90 fois. Jean Paul Chamozzi, de l'ACS BOISSEC, gagne au sprint devant Odin/Mayda/Broyon/Bourand/Loury/JC Bezine/Leboulanger à la moyenne record de 41 km/heure....

Concernant la fréquence de pédalage, c'était peut être 80, 90 ou 100 tours/mn, on regardait peu ce paramètre, mais nous "moulinions" très fort à l'entrainement. On ne roulait pas avec le 52 à l'entrainement. Il faut remarquer que la cassette s'arrêtait à 18 dents. Le grand plateau de 52 dents était réservé à la compétition.

En toute catégorie, la distance de la course était comprise entre 120 et 180 km. Paris-Auxerre c'était plus de 200 km. Nous avions un double plateau en 42/52 ou 44/52 ou 44/50 et 5 vitesses ou 6 vitesses sur la roue arrière en 13/14/15/16/17/18. On ne changeait pas la cassette. On passait toutes les côtes du département et de la région avec le 18, en puissance..... Le 13 dents n'était pas très utilisé sauf en 1 ère catégorie. Personnellement j'avais du mal à emmener les très grands braquets. Je n'avais pas de 13 dents. Nous avions un tour de taille de 38 cm, et des "grosses cuisses" par rapport au haut du corps, et des soucis pour porter certains pantalons.

Nombre de compétitions par an :

30 courses en moyenne pour les coureurs cadets à 2-3-4 qui finissaient la saison. Certainement beaucoup plus pour les premières catégories et hors catégories 70 à 100 courses)

Esprit d'équipe et coaching :

Rien ou presque, pas de consigne d'équipe. On roulait pour soi dans une équipe de 10 à 20 coureurs du même club. On évitait parfois de courir ensemble, pour être seul et de ne pas courir contre ses coéquipiers. Il n'y avait pas de leader déclaré officiellement, mais cela correspondait à un état d'esprit de cette époque.

Une rivalité entre coureurs du même club existait sans trop perturber l'ambiance générale, sauf, quand les parents des coureurs s'énervaient un peu trop et c'était fréquent.

1968 était passé par là, les parents suivaient de près ou de loin les performances de leurs enfants prodiges. Pas de "coach" sportif dédié au club. Personne n'avait cette compétence dans le club BOISSEC.

Nous avions des bénévoles très sympathiques mais très rarement au fait de la diététique, des entraînements, de la stratégie de course. Ils étaient très motivés et très passionnés, mais ne connaissaient pas grand chose à la compétition cycliste moderne.

L’entraîneur des cadets était le très sympathique vétéran Pierre Durand, patron du mythique bar de l'écu à Sens et trésorier du club. Pierre Durand est décédé à Sens en 2011. J'avais prévu de le revoir mais il nous a quitté bien trop tôt.

Nous étions loin du cyclisme professionnel avec les porteurs d'eau. Le cyclisme amateur était un sport individuel. C'était souvent le cas dans tous les clubs ou presque du département, sauf dans l'Aube.

Dans l'Aube, il y avait un coach, c'était le grand Marcel_Bidot, qui commandait et c'était totalement différent. Quand l'UVA ou l'UVCA était au départ de la course, on visait la place de 2 ou 3 au mieux. Ils arrivaient à trente coureurs du même club avec le leader en tête. Parfois on avait les deux clubs UVA et UVCA dans la même course. Ces clubs étaient gérés comme des clubs professionnels. On voyait souvent le jeune surdoué Hubert Linard, au départ de la course et à l'arrivée...

Ce champion de France des minimes 1967, des cadets 1968, gagnera, en plus des courses régionales, Paris-Troyes, Bordeaux-Paris, Paris-Mantes, le Tour de l'Aube, Auxerre-Nevers, Paris-Egreville, Paris-Camembert et participera à 6 tours de France.

Nombre de km d'entrainement par semaine :

Inférieur à 200 km sur 2 à 3 sorties dans la semaine, principalement le mardi et le jeudi. Il fallait rajouter les kilomètres effectués pour aller au collège ou au lycée soit 100 km au moins par semaine pour ceux qui ne déjeunaient pas à la cantine le midi. C'était mon cas, j'avais une mobylette Motobécane verte mais sans le moteur, avec un développement très très petit ( mon père était déjà très écologique)

En 1970, dans mon lycée, nous étions 4 à faire de la compétition cycliste le dimanche sur 2 000 lycéens, soit 0.2%. Denis cousin en faisait partie.

Ce chiffre est encore plus faible si l'on additionnait tous les collèges et lycées de la région de Sens. Le fractionné était pratiqué par certains coureurs, mais c'était le début de cette technique révolutionnaire, déjà en vigueur pour les coureurs à pied. Personnellement, en 2-3-4, j'avais un parcours de 8 km avec une bosse de 2.5 km à 4 %, à faire 10 fois.

Le pignon fixe était utilisé en hiver. L'entrainement derrière moto était réservé aux premières catégories. En général, nous nous entraînions seul à une vitesse de 25 km/heure, guère plus.

Les sorties club :

C'était un peu la course. J'évitai ce genre d'entrainement qui n'apportait rien ou presque sauf à l'approche des courses de mars. Je m’entraînais seul du côté de Soucy et Saligny.

Livres spécialisés en cyclisme :

Oui mais très peu. Il existait celui du champion du monde universitaire Jean Bobet, le frère de Louison, "la course en tête", de 1966. C'était un superbe livre, très accessible. "CYCLISME SUR ROUTE", 1968, de Daniel Clément, entraîneur national de cyclisme de l'institut national des sports et de la FFC de 1943 à 1982, aux éditions Amphora, 136 avenue Parmentier, paris XI. Ce dernier livre était la référence pour les cyclistes souhaitant progresser.

Concernant les magazines, il existait Miroir Sprint, mais on était très loin des magazines comme CYCLO coach ou CYCLO Sport.


Les spectateurs et les journaux :

Il n'était pas rare de voir plus de 1500 spectateurs à l'arrivée d'une petite course départementale " 3 et 4 " de 100 km. Je me souviens d'une très belle arrivée de course en 3 et 4, dans le village de Lavau, en 1969, avec 1500 spectateurs à l'arrivée (voir l'article de presse). Ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui. Le cyclisme sur route amateur n'a pas évolué avec l'époque très médiatique d'aujourd'hui en 2016.

Dans le journal Yonne Républicaine du samedi, on trouvait 1/2 page avec les engagés et le pronostic du journaliste sportif qui se trompait rarement. Le lundi, entre mars et octobre, c'était une page pleine, avec photos, consacrée aux cyclistes, avec ses deux, trois, quatre, voire cinq courses sur le département !

Près de 300 coureurs pouvaient prendre le départ des premières courses de mars dans le Sénonais. Les grands clubs parisiens et aubois venaient très souvent. Les échos journalistiques de certains clubs importants paraissaient chaque semaine dans le journal, comme les "échos de l'A.C.S BOISSEC". Tout cela créait une ambiance assez électrique, pour les coureurs, dirigeants et supporters, pendant six à 9 mois par an.

En 2016, il reste le formidable tour de France professionnel en juillet, et le triathlon. Mais toutes les courses internationales sur le département, ont malheureusement disparu.


Nombre d'épreuves sur route organisées par les clubs Icaunais sur l'Yonne:

1970 : 161 courses dont 40 courses pour le seul club AC Sens Boissec ! Et 3 épreuves internationales.

En 1970, 80 courses en catégorie 2-3-4 ont été organisées sur le département de l'Yonne.

Les 12 clubs icaunais FFC

  1. AC SENONAISE
  2. US VILLENEUVE /YONNE
  3. CC JOIGNY
  4. VC MIGENNOIS
  5. STADE AUXERROIS
  6. VC AUXERROIS
  7. ES SAINT FLORENTIN
  8. AS TONNERROISE
  9. SAINT FARGEAU SPORT
  10. UC AVALLONNAIS
  11. ES CHEMILLY SEIGNELAY
  12. ES CHAMPIGNELLES

Les catégories :

La licence courait du 1er janvier au 31 décembre.

- Minime ( 13 et 14 ans)

- Cadet (15 et 16 ans)

- junior ( jusqu'à l'âge de 18 ans )

- Féminine ( couraient avec les cadets )

- Quatrième catégorie.

- Troisième catégorie

- Seconde catégorie

- Première catégorie

- HC ou hors catégorie ou indépendant ( le coureur était son propre patron )


C'était très simple !

1-Les minimes couraient avec les minimes.

2-Les cadets couraient avec les cadets voire avec les féminines

3-les 4 couraient avec les 3 et les juniors (3-4 et juniors)

4-les 2 couraient avec les 3 et 4 et les juniors ( 2-3-4 juniors)

5-les premières couraient entre eux ou en toutes catégories ( 1+2+3+4) mais dans les faits les 3 et 4 ne couraient pas, vu le nombre de courses très importantes qui leurs étaient proposées en 3-4 voire 2-3-4.


Pour évoluer et changer de catégorie :

Source : Charles Guénard


Il fallait un certains nombre de points attribués au 3 premiers de la course :

- 3 points pour le vainqueur

- 2 points pour le second

- 1 point pour le troisième.

Pour changer de catégorie (source Charles Guénard le 17-11-2017)

- De 4 vers 3 : 1 victoire

- De 3 vers 2 : 10 points

- De 2 vers 1 ère catégorie : 7 points


En fin d'année, les points n'étaient pas remis à zéro comme aujourd'hui en Ufolep par exemple..... ou ailleurs.


Une exception : les juniors

Le junior pouvaient gagner 30 courses en 3 ième catégorie s'il en avait les moyens physiques . Le junior avait entre 17 et 18 ans maxi. Ce n'était pas une catégorie. Il passait en 2 dès ces 18 ans révolus et le nombre de points atteint. Un handicap pour ceux nés en juin ou avant comme moi ....

Je pense qu'il aurait fallu au moins attendre la fin de saison pour changer de catégorie le jeune coureur dont l'anniversaire des 18 ans se situait dans le cours de la saison. Au pire, il fallait au moins lui demander son avis. 18 ans, c'était beaucoup trop jeune pour passer en deuxième catégorie et courir avec " les premières et HC" très expérimentés de cette époque. Le carburant n'était pas le même.

Les courses 2-3-4 étaient peu nombreuses sur le département. Nous n'avions pas tous le profil de "Maître Jacques" le normand, qui avait remporté à 19 ans , le Grand Prix des Nations, un CLM de 140 km. La différence entre les 3/4 catégories et les premières/deuxièmes catégories était énorme, par la distance, la vitesse moyenne et le niveau de ces coureurs, plus âgés et plus expérimentés.

C'était souvent la montée en première catégorie ET l'arrêt rapide de la compétition pour beaucoup de ces très jeunes coureurs. Dommage !

Les vétérans ( + de 45 ans)

Le vélo FFC était fait pour les jeunes, nous n'avions pas ou peu de courses pour les vétérans ou "masters" comme on dit en 2016. L'ufolep cyclisme n'existait pas dans l'Yonne en 1970. Aujourd'hui, on peut courir à plus de 65 ans voire 75 ans.

C'était impensable voire ridicule à cette époque. L'espérance de vie pour les hommes, dans les années 1960-1970, était de 67-68 ans! La retraite professionnelle était fixée à 65 ans. Elle passa à 60 ans en 1981.

Les professionnels

Les termes "Elite", "Pass’cyclisme", "Pass’cyclisme open", "Pass’sport nature", "Pass’loisir", "Pass’sport urbain", "master" n'existaient pas. Aujourd'hui, en 2016, la catégorie 4 a disparu et à fait place au pass-cyclisme, le cyclisme loisir ! Le kilométrage a été réduit et c'est très bien.

Pour faire simple, en 2016, vous avez les 1-2-3 régionaux, les juniors et la catégorie loisir avec le pass-cyclisme (D1-D2-D3-D4). Avec une licence pass-cyclisme OPEN, vous pouvez courir avec les 1-2-3 juniors et les départementaux.

Mais en réalité c'est plus compliqué ...... qu'en 1970, mais c'est nettement mieux pour les vétérans et le loisir.

Notre carburant :

En 1970, c'était l'eau sucrée et le glucose vendu en pharmacie plus facile à avaler que le sucre en morceau. A notre niveau nous avions une course par semaine, le dimanche, jour férié....Pour la course de 100 km, j'avais des abricots secs et quelques morceaux de sucre ou glucose. On mangeait assez léger au moins 3 heures avant la compétition. On ne pensait pas au dopage en 2-3-4 junior. C'était un peu le pass-cyclisme d'aujourd'hui avec plus de kilomètres de course. On savait que cela existait pour les professionnels et les indépendants ou HC, mais on ne savait pas trop ce qu'ils prenaient. Internet n'existait pas.

Il faudrait poser la question aux premières catégories qui couraient plusieurs fois par semaine, participaient à des courses par étapes exigeantes.

Le mental des coureurs :

Très très fort pour l'ensembles des coureurs. La pluie, la grêle, le soleil, la canicule, le nombre de kilomètres, le poids du vélo, les côtes avec le 42x18, les défaites, les fringales, la vitesse, les risques de chute, les commentaires désagréables des supporteurs, etc, rien n'arrêtait ces coureurs et ces très jeunes coureurs.

Nous étions collégiens, lycéens, jeunes travailleurs, étudiants, fonctionnaires. Certains premières catégories ou indépendants HC plus âgés ne travaillaient pas. Ils vivaient du vélo. A quelques rares exceptions, le coureur cycliste ne courait pas plus de 10 à 15 saisons. Les vétérans de plus de quarante ans étaient très rares dans les pelotons.

Ce n'est plus le cas en 2016, où la fédération UFOLEP a fait beaucoup de bien pour cette catégorie de coureurs qui souhaitent courir un peu, malgré un âge avancé et dans leur catégorie d'âge.

La FFC a bien réagi en créant le Pass'cyclisme FFC, la compétition loisir avec un assez faible kilométrage en course.

Réseau social et communication :

Bien sûr que non à cette époque. L'informatique grand public n'existait pas. Strava, le réseau social d'aujourd'hui est parfois présenté comme le “réseau social des cyclistes”. Un surnom qui résume à merveille les fonctionnalités de cet outil. Pour faire simple, Strava permet de collecter des données GPS et ainsi de suivre l’évolution de ses performances.

Quand un cycliste va s’entraîner, il démarre l’application sur son Garmin ou smartphone qui enregistrent notamment le parcours, la vitesse moyenne, la distance parcourue, les segments, le rythme cardiaque, le dénivelé, le score d’endurance, la dépense d'énergie, la cadence de pédage, la puissance. Avec Strava, le cycliste peut mettre en ligne ses performances. D’où l’étiquette de réseau social, puisque ces performances sont vues par l’ensemble des personnes qui “suivent” le compte Strava du coureur. Strava existe depuis 2009.

Sinon nous avions deux journaux locaux, l'Yonnne Républicaine et le sénonais libéré. Un article le samedi et un article le dimanche. Des photos et des commentaires très détaillés à chaque course avec souvent un journaliste spécialisé dans le cyclisme local. C'était génial.

Les classements ou TOP 10 de l'Yonne/Bourgogne :

Cela n'existait pas dans l'Yonne à cette époque en 2-3-4. Il y avait le classement du conseil général, devenu conseil départemental, pour les cadets. Il existait un classement France pour les premières catégories uniquement. En 2016, un classement national pour les 1-2-3 existe ICI . Il existait le championnat de Bourgogne avec une course par an.

On peut affirmer, sans trop se tromper, que Rémy Jambou (VCA) était le numéro 1 en 1969 et 1970, dans la catégorie "3 et 4". Rémy Jambou, à ne pas confondre avec ses frères cyclistes Denis ou Jean-Pierre, fut champion de Bourgogne cadet en 1968 devant le dijonnais Jarrot, et 9 ème au championnat de France 1968.

Le numero 1 icaunais cadet en 1967 et 1968, était Rémi Jambou. Il serait intéressant de connaître son nombre total de victoires en FFC. Le numero 1 icaunais cadet en 1969 était Philippe le Bellec.

Le numero 1 icaunais cadet 1970 et 1971 était Denis Cousin. Très certainement le numéro 1 en Bourgogne.

Le niveau des icaunais en 2-3-4 était assez relevé. Rares, sont les coureurs étrangers au département qui ont gagné des courses en cadet ou "3-4" dans les années 1967-1970, ou bien, il fallait être champion de France et s'appeler Hubert Linard ou François Pescheux ou Pierre Leglois.

C'était différent en première catégorie ou le niveau était plus faible que dans l'Aube ou la Nièvre. Dans la pratique, nous avions des courses séparées de minimes, cadets, "3 et 4", "2-3-4", et les toutes catégories (1-2-3-4) très rares sur le département de l’Yonne.

Nous avions très peu de première catégorie dans les clubs icaunais, ils étaient tous ou presque dans les grands clubs parisiens. Le cycliste le plus connu à l'A.C.S BOISSEC en 1967, et le plus titré était Serge Guillaume qui passa professionnel en 1968, un peu après Raymond Riotte, l'autre professionnel très médiatique du département.

Serge Guillaume était un coureur très élégant, champion de Bourgogne des hors catégories (HC) en 1968, sous le maillot du stade auxerrois.

En 1970, dans le club BOISSEC, nous avions deux premières catégories avec Jean-Claude Joubert ( je n'ai pas d'articles de presse le concernant à ce jour, il faudrait remonter à 1962-1965) et Charles Guénard qui passa dans cette catégorie en fin d'année 1970.

En 1971, Alain Boyer, Philippe Le Bellec, Luc Rat passèrent en première catégorie. Peut-être d'autres coureurs à vérifier.


Les gains :

Le fameux bouquet de fleurs remis par une très charmante jeune fille et parfois une coupe offerte par un commerçant local. Et des petites primes distribuées pendant les sprints intermédiaires. Si le sprint n'était pas disputé, pas de prime. Pour ceux qui avaient un contrat, ils étaient rémunérés au nombre de kilomètre de la course gagnée. Il était préférable de gagner de longues courses. Ces primes amortissaient à peine le matériel, ou alors il fallait gagner tous les dimanches.

Mais on ne courait pas pour l'argent. Il serait intéressant d'écrire un article sur les motivations réelles des coureurs FFC de cette époque.

C'était différend avec les premières catégories et les indépendants qui souhaitaient rester amateur. Ils couraient pour gagner des primes. C'était un vrai métier.

C'était également l'époque du Tour de l'Yonne, la flèche d'or, épreuves cyclistes amateurs internationales, épreuves gagnées par des champions du monde ! Des épreuves cyclistes internationales pour les professionnels, spectacle garanti, comme la ronde de Seignelay, la flèche auxerroise et la polymultipliée gagnée par Lucien Aimar en 1970.

Voilà pour ce petit éclairage des années 1967-1970 du cyclisme FFC Icaunais et Sénonais.


Un très grand merci à tous les donateurs de photos et d'articles de presse :

  • Alain Garnier en 2013
  • Jean-Paul Chamozzi en 2013
  • Patrick Gouvine en 2013
  • Charles Guénard, la mémoire du cyclisme icaunais, en 2013, 2017 et 2018
  • Alain Boyer en 2017
  • José Ribaudeau, en 2017
  • Annick Cousin en 2018 ( photos concernant Denis)
  • Daniel Labrosse en 2018
  • Joël Garrigues en 2019
  • Les archives départementales.
  • La bibliothèque d'Auxerre pour son libre accès aux archives des journaux de l'Yonne Républicaine.


Très bonne lecture dans ce monde très merveilleux des courses cyclistes d'une autre époque.

N'hésitez-pas à m'envoyer vos plus belles photos de cycliste en jpeg, vos articles de presse en fichier jpeg, vos commentaires.


1967-2017 : 50 ans de vélo avec les BOISSEC !

1968-2018 : 50 ans de vélo avec les BOISSEC !

1969-2019 : 50 ans de vélo avec les BOISSEC !

1970-2020 : 50 ans de vélo avec les BOISSEC !


Bonne lecture

Gilbert Layer

email : contactlayer@boissec.fr