Le Kilomètre RUSTINES

1968





Interview de Philippe Boyer en 2010 (vélo 101)


Philippe, comment pouvait-on se faire remarquer dans les années 70 ?

En 1974, c'était le "Kilomètre Rustines". L'épreuve se déroulait sur un tronçon de route d'un kilomètre coupé à la circulation sur lequel on effectuait des manches de vitesse individuelle et un kilomètre départ arrêté. Pas besoin d'être pistard, tu arrivais avec ton vélo de route et roulez jeunesse ! C'était le grand truc de l'époque. J'avais 18 ans quand je l'ai gagné. La récompense était de nous offrir une semaine de stage d'initiation à la piste à Paris avec "Toto" Gérardin, l'entraîneur national. J'arrivais du Jura et je me suis retrouvé à La Cipale avec Morelon, Trentin et les autres. Et c'est quand tu entendais les boyaux de soie qui sifflaient dans la ligne droite que tu comprenais être arrivé sur une autre planète.

Et puis...

Eh bien, après avoir fait le meilleur temps sur 200 mètres lancés je suis rentré tranquillement dans le Jura pour débuter les compétitions régionales. Par la suite, mes bons résultats m'ont mené au Bataillon de Joinville et dans la foulée j'ai signé à Aubervilliers. Et là, je remportais une trentaine de courses par saison. Il faut dire qu'en ce temps on courait sur piste deux à trois fois par semaine. Et l'été, c'étaient des américaines avec plus de vingt équipes au départ, des courses aux points avec quarante bonhommes et en vitesse individuelle les séries devenaient interminables tellement il y avait d'engagés. Nous étions en 1979.